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Succès littéraires

pr Rien ne s'oppose à la nuit : roman impudique ?

pb Oserai-je  lancer un pavé dans la mare ? Rien ne s'oppose à la nuit" est un livre qui m'a mis mal à l'aise. Certes, il m'a tiré des larmes, comme j'imagine à nombre de lecteurs. Mais je trouve ce livre, contrairement à ce que je lis dans maints commentaires, extrêmement impudique, indécent, obscène.
Il fait entrer le public, des dizaines de milliers de lecteur, dans l'intimité d'une famille, souvent trash ( relations incestueuses, décès d'enfants, suicides), qui concerne des personnes, certaines décédées, d'autres non. Une intimité qui, par pudeur et respect de ces personnes, n'est d'ordinaire partagée qu'avec les très proches, en dehors de la fonction cathartique réservée au corps médical ( et qui, ici, a du reste toute sa raison d'être).
Avec d'autres jeunes auteurs ( E. Carrère m'avait laissé la même impression de malaise avec "D'autres vies que la mienne" ), Delphine de Vigan ( qui signe aussi de son vrai nom  après avoir abandonné le pseudonyme d'écrivain de son premier roman,  semi-autobiographique) me parait s'inscrire ( à 100 %) dans une nouvelle tendance culturelle qui allie exhibitionnisme et voyeurisme.
Sortant des medias neufs de l'audiovisuel, la "reality show" investit aujourd'hui le domaine, jusque là imaginaire, du roman. Charles D.

pr R.J. Ellory au top des polars ?
pb Une plume en or ! Autant commencer par là, je suis fan et complètement accro à l’écriture de R.J.Ellory, à tel point que tout ce que je lis après me semble fade. Pourquoi cet engouement, me direz vous ?
Parce que, pour moi, cet auteur est un vrai raconteur d’histoire, il porte le lecteur ou il souhaite, il vous transporte, vous hypnotise, vous surprend. Il sait créer une atmosphère qui produit à la lecture des images dans votre cerveau. Quand je lis Ellory, je m’évade, et c’est pour moi l’essentiel dans un bon roman.
vendettaCertains diront que j’en fais trop, mais quand on aime pourquoi ne pas le dire !
Pour en revenir à proprement parler à ce roman Vendetta, sous couvert d’une intrigue (rondement menée et qui ne se résoudra que dans les dernières pages), l’auteur nous conte une partie de l’histoire de la mafia. Donc en plus de se divertir, on se cultive un peu, que demander de plus !
L’ambiance, le style, le ton, tout y est, sans oublier les personnages taillés sur mesure !
J’ai adoré ce mafieux, malgré tous ces crimes. Bon inutile d’en dire d’avantage, je ne peux que vous recommander de le lire !
Sylvie T. septembre 2011

'pb Je suis tout à fait d'accord, cet auteur a une plume étonnante et renouvelle complètement le genre polar, rarement riche au-delà de la seule intrigue qui tient le lecteur.
Ses descriptions nous transportent et nous plongent dans ce récit incroyable mais également pédagogue puisqu'une bonne partie de l'histoire de la mafia nous est contée.
Ma révélation sur cet auteur avec son premier roman Seul le Silence (une merveille également) se confirme ici et j'espère avec son troisième, Les Anonymes, qui figure en top list des romans-polars à lire absolument. Maïlys T. septembre 2011


pr Penser qu'un petit livre de 32 pages...
hesselpb Penser qu’un petit livre de 32 pages, demandant simplement à ses lecteurs de se réveiller et de trouver la force et la volonté de s’indigner, fait mieux que tous les prix littéraires réunis, c’est prodigieux !
- Penser qu’il a été lancé comme une bouteille à la mer sans la lourde machine promotionnelle, par un petit éditeur, et qu’il bat aujourd’hui tous les records des ventes de livres, c’est réconfortant !
- Penser que Stéphane Hessel, en voulant réveiller les consciences, est entré dans les familles et dans les esprits, à 93 ans, avec talent, jeunesse et humanité, ridiculisant les discours politiques et les harangues religieuses, c’est un bonheur !
Les français ont plebiscité Indignez-vous.
Les français ? Mais si, les français, vous savez… ceux qui sont les plus déprimés du monde d’après une étude récemment publiée. 
Eh bien dès qu’on leur offre un film sur la spiritualité, ils s’y précipitent (on aime ou on n’aime pas le film, mais cela prouve bien que ce genre de quête est un vrai déclencheur) ; dès qu’on leur propose un livre les exhortant à entrer en guerre pour défendre les vraies valeurs de l’humanisme, ils vident les rayons.
C’est la meilleure nouvelle de cette jeune année, et pour Stéphane Hessel, l’un des plus beaux miracles de la littérature. Jean-Claude T. décembre 2010

Penser qu'un petit livre de 32 pages... (suite)
pb J'avais dit tout le bien que je pensais de la dernière aventure littéraire de Stéphane Hessel : faire un tabac avec un minuscule ouvrage destiné à réveiller les concsciences, voilà de quoi interpeller chacun des lecteurs que nous sommes. Non pas pour la nouveauté du contenu (qui est en fait un long article plus qu'un essai), mais pour la démarche elle-même, et surtout l'écho qu'elle a trouvé auprès des français de tous âges.
Hélas, l'annonce d'un "engagez-vous" sent le remake commercial. Ce nouvel opus (que je n'ai pas lu) fait sombrer l'aventure dans l'éternelle tentation de vouloir prolonger un succès et décridibilise la première parution. A l'inverse du premier essai, ce nouveau livre est peut-être riche dans son contenu (à voir...), mais la démarche vraiment suspecte. Dommage...

pr A propos de Milleniummille
pb Bon, voilà, comme tout le monde, j'ai lu Millenium. Le premier ; puis le deuxième. Ouf, 1700 pages ! Je crois que je vais faire l'impasse sur le troisième et passer à autre chose. Ces pavés ne sont pas à mon sens le chef d'oeuvre de la littérature policière annoncé. C'est long, extrêmement descriptif et détaillé, au point qu'on finit par s'y perdre. C'est moyennement écrit (passages redondants), mais on a envie de connaître la suite ! Et tout est beaucoup trop invraisemblable pour ne pas être classé dans la rubrique "BD sans dessins". Mais c'est surtout à classer dans la rubrique "réussite commerciale" d'Actes Sud. Jean-Claude T.

pb Tes appréciations sur Millenium sont tout à fait justifiées. Pour ma part j'avais imputé une grosse part de responsabilité à la traduction qui me semblait mal faite, mais les tares étaient peut-être déjà dans le texte original. Qu'en penses-tu? D'un autre côté il faut reconnaître que c'est assez captivant malgré les défauts. Jacques S.

pb Sur Millenium, je n'ai pas réussi à aller plus loin que le premier tome: aucun intérêt si ce n'est un peu de suspense, c'est plat, très "matérialiste", pas très bien écrit, je ne comprends absolument pas le succès de ce bouquin...Dans le genre policier, je préfère nettement Fred Vargas, en particulier " Sous les vents de Neptune" et "Dans les bois éternels". Les caractères sont bien trempés, il y a de l' humour, de la poésie, de la tendresse pour les personnages... c'est simple, je suis tombée amoureuse du commissaire Jean-Baptiste Adamsberg. Par contre j'ai été déçue par le dernier paru : "Un lieu incertain". Isabelle J.

pb Je viens prendre la défense de Millenium car même si ce n’est pas de la grande littérature c’est un roman de vacances qui m’a tenu en haleine pendant quelques jours avec beaucoup de plaisir (surtout le tomes 2 et 3 qui se suivent vraiment). Je suis tombée « amoureuse » de Michael Blomkvist et d’une certaine manière de Lisbeth Salander que j’ai trouvée attachante. Anne T.

Prix littéraires

pr Le Goncourt une fois de plus dévalué ?
MHpb On peut penser ce qu'on veut du roman de Houellebecq. Pour ma part, je le trouve pas mal écrit, facile à lire, mais ce n'est pas de la grande littérature. De plus, les polémiques entourant cet ouvrage (passages copiés dans Wikipedia, avec des erreurs évidemment, scénario annoncé d'un roman écrit sur commande pour décrocher la couronne) enlèvent beaucoup de crédibilité à ce qui devient de plus en plus une opération commerciale. On aurait aimé que le Goncourt récompense un jeune auteur, proposant de la vraie littérature... Isabelle F. décembre 2010

pr Quand Beigbeder fait preuve d'immense humilité
pb Je prenais l'Express Livres jusqu'à maintenant pour un magazine littéraire. Or que voit-on apparaître sur la dernière mouture de sa version web ? Un article (!!) de Frédéric Beigbeder qui "révèle" quels seront les dix meilleurs romans de 2011. Sous une photo de l'auteur couvrant déjà la moitié de l'écran, on y trouve aux côtés de Solers, Jean-Luc Delarue (en seconde position !!), Christine Angot ou Amélie Nothomb, Beigbeder soi-même, qui, dit-il, se classe dixième de la liste par souci "d'immense humilité". Il est surtout regrettable qu'un magazine comme l'Express ouvre complaisamment ses colonnes à un "auteur" (j'hésite à mettre un "h") qui fréquente plus les salons parisiens (aux murs couverts de miroirs) que les bibliothèques. On est loin de la littérature ! Alexis R. décembre 2010

pr Faut-il se précipiter sur les prix littéraires ?
pb La vraie question est de savoir ce qui différencie tellement les esprits éclairés des professionnels qui décident de ce qui est bon à lire, des amateurs de lecture que nous sommes, hostiles à la dictature intellectuelle et véritables maîtres de nos plaisirs ? Bon, cette année, c’est vrai, je n’ai pas de chance. Je plonge dans le Goncourt. J’avais déjà eu du mal à avancer dans Rosie Carpe, je retrouve les mêmes difficultés avec Trois femmes puissantes : le style de Marie NDiaye est, disons… spécial, on se perd dans ses phrases épaisses où les répétitions viennent alourdir la lecture, et qu’il faut parfois relire pour en comprendre le sens. Quel que soit l’intérêt du récit, le style doit être une musique capable de nous attirer dans un livre et créer l’enchantement au fil des pages. A chacun sa perception, pour ma part je me suis vite lassé de ce voyage inconfortable que j’ai interrompu en cours de route.
Lire le Renaudot ? Pas envie. Succomber à la pression médiatique n’a pas grand-chose à voir avec la découverte d’auteurs moins télévisuels et plus authentiques. J’ai peut-être tort ? Mais voilà. La lecture, c’est aussi un plaisir de l’envie très personnel.
Le Medicis ? J’avais été attiré par la lecture des quelques passages du livre de Dany Laferrière. Une originalité, une couleur inattendue, de la prose en vers libres, une certaine poésie. Mais en ouvrant L’énigme du retour, j’ai vite compris qu’il me fallait changer ma façon de lire : picorer des passages savoureux, sauter de pages en pages sans chercher à se faire emmener dans une lecture logique et ininterrompue. On se lasse et c’est dommage.
Je n’ai pas encore abordé les autres lauréats. Je deviens frileux. Je préfère me prémunir des avis partagés entre amis, sources d’heureuses surprises. Je n’ai pas lâché La folle allure de Christian Bobin, un petit roman que j’ai dégusté comme une friandise, et je suis ressorti heureux de la lecture du livre de Frank Pavloff, Un grand exil, fasciné par un style à la fois luxuriant et sobre. Mais pour être objectif, je n'oublie pas non plus que ce sont les prix d'années précédentes qui m'avaient révélé Laurent Gaudé ou Philippe Claudel...
Question de goût. Le fond passe par le style, et la perception du style est très intime. Mais qu’il nous soit permis à tous d’oser commettre des crimes de lèse-majesté en délaissant des auteurs adulés par l’élite intellectuelle, au profit de plaisirs plus personnels : celui de lire doit être avant tout un accord parfait avec ses propres émotions, et nous avons le devoir de rester des iconoclastes.
Bien entendu mes humeurs, bonnes ou mauvaises, n’engagent que moi, et pour paraphraser un génie d’un autre siècle, le plus important est de se battre pour permettre à ceux qui ne sont pas du même avis de s’exprimer. Tout le monde y a droit, et même Marie NDiaye.
Jean-Claude T. Décembre 2010

pr Le prix Femina à Patrick Lapeyre
pb Voulant voir quelques premières réactions quant au Prix Femina, j’ai sollicité ce bon vieux Gougueul. J’ai pris au hasard (non, pas vraiment, c’était en début de liste) : http://www.liberation.fr/livres/01022299915-reaction-sur-sofi-oksanen-et-patrick
-lapeyre-femina-2010 et suis allé fureter au travers de ce lien. Certes, le niveau de décérébration général touche parfois au sublime sur Internet, mais je ne m’attendais pas à en trouver un tel sur Libé. Et encore, entre hier et ce matin je crois que le modérateur a supprimé un commentaire d’inspiration scatologique.
Je me suis alors dit que (Gougueul encore, un peu plus loin) : http://plus.lefigaro.fr/article/patrick-lapeyre-recoit-le-prix-femina-20101102-319164/
commentaires offrirait – peut-être – un léger mieux. Hélas non. J’ai arrêté là mes investigations...
Ceci dit, je suis assez d’accord avec Astrid de Larminat et Dominique Guiou : " Danièle Sallenave en saluait les qualités mais regrettait que des auteurs plus novateurs, selon elle, comme Maylis de Kerangal, Olivia Rosenthal ou Philippe Forest aient été supplantés : par une espèce de logique dont personne n'est responsable, on en vient à faire des choix consensuels." Camille Laurens et Paule Constant, qui sera présidente l'an prochain, étaient assez de cet avis.
Mais, étant donné qu’elles (celles du Femina) ont couronné un roman sur l’adultère, le Siècle des Nuages de Forest n’avait vraiment aucune chance… Philippe P. novembre 2010

Livres et politique

pr Lire et relire "les identités meurtrières"
idpb Un livre à lire, relire et faire lire : Imaginez un Eric Besson qui aurait lancé son débat sur l’identité française en disant comme Amin Maalouf : C’est justement ce qui caractérise l’identité de chacun : complexe, unique, irremplaçable, ne se confondant avec aucune autre. Si j’insiste à ce point, c’est à cause de cette habitude de pensée tellement répandue encore, et à mes yeux fort pernicieuse, d’après laquelle, pour affirmer son identité on devrait simplement dire « je suis arabe », « je suis français », « je suis noir », « je suis serbe », «je suis musulman », « je suis juif ».Et encore : …. Si nos contemporains ne sont pas encouragés à assumer leurs appartenances multiples, s’ils ne peuvent concilier leurs besoins d’identité avec une ouverture franche et décomplexée aux cultures différentes, s’ils se sentent contraints de choisir entre la négation de soi-même et la négation de l’autre, nous serons en train de former des légions de fous sanguinaires, des légions d’égarés. Et enfin : Un certain nombre d’hommes et de femmes qui portent en eux des appartenances contradictoires, qui vivent à la frontière entre deux communautés opposées… Ceux parmi eux qui pourront assumer pleinement leur diversité serviront de « relais » entre les différentes communautés, les diverses cultures, et joueront en quelque sorte de « ciment » au sein des sociétés où ils vivent. En revanche, ceux qui ne pourront pas assumer leur propre diversité se retrouveront parfois parmi les plus virulents des tueurs identitaires, s’acharnant sur ceux qui représentent cette part d’eux-mêmes qu’ils voudraient faire oublier. Une « haine de soi » dont on a vu de nombreux exemples à travers l’histoire. 
Seulement voilà, on a de grands intellectuels mais des dirigeants politiques tout petits ! Jacques S. octobre 2010

pr Politiques, rois de la plume...
pb Ah les beaux livres ! Après Giscard qui raconte ses bonheurs avec la princesse, Chirac ses malheurs avec Giscard, Balladur ses problèmes avec Chirac, Hollande qui prépare 2012 avec un "Droit d'inventaire", c'est au tour de Jospin d'annoncer la sortie au Seuil d'un livre de confidences... On est très loin de la littérature, mais cette orgie de livres très périssables n'est pas inutile : dès qu'un politique a besoin de préparer une élection, ou de justifier ce qu'il en a fait, il passe par les bons soins du vieux Gutemberg. La lecture serait-elle unanimement reconnue, à droite comme à gauche, comme le moyen le plus efficace de passer les idées ? Le livre indispensable : voilà un vrai consensus dont on ne peut que se réjouir... Jean-Claude T. Février 2010

Livre électronique

pr Le Fnacbook décevant
pb Utilisateur du Fnacbook depuis quelques mois, j'ai constaté que l'appareil ne correspond pas à ce qu'annonce la Fnac ! Si l'idée est séduisante, la réalisation est ratée... Interface assez grossière, commandes tactiles très aléatoires (il faut appuyer souvent plusieurs fois avant de déclencher la commande), fonctionnement très lent (malgré une mise à jour du système qui n'a rien résolu sur ce plan). La Fnac étudie actuellement une nouvelle version plus proche d'une vraie tablette (motorisée avec Androïd). A voir... Mais le reproche principal concerne l'accès à la base numérique. La Fnac annonce "accès à 80 000 titres", directement depuis le Fnacbook. Faux ! Tout au plus 2 000 titres, dont environ 200 en littérature (française plus étrangère). Si on enlève le catalogue Harlequin, il ne reste plus grand chose. Seule possibilité : passer par un ordinateur (contrairement à ce qu'annonce la pub) pour faire l'achat sur la base fnac.com, puis recharger le livre sur le Fnacbook. Ce qui rend sa fonction d'accès au FnacStore inutile.
Dommage ! Cet appareil (dont les ventes restent très limitées) est sans doute voué à une retraitre précoce au profit des tablettes qui se développent à vitesse "grand V", et qui offrent un fonctionnement plus rapide et des fonctionnalités plus complètes. Bernard T. mai 2011

pb Je suis d'accord... et déçu moi aussi. En revanche, comme je voyage beaucoup, je trouve néanmoins la formule intéressante. Il serait temps que la Fnac pense à un produit moins ringard ! A l'heure des tablettes typa Ipad, le Fnacbook fait complètement dépassé et l'acquisition de livres relève du parcours du combattant ! Michel A. septembre 2011

pr Faut-il encore acheter des dictionnaires papier ?
pb En ce qui concerne les dictionnaires en ligne, gratuits, sans pub ni fenêtres intempestives, je recommande celui du Laboratoire de la langue française (Nancy Université). Je l'utilise très fréquemment: http://atilf.atilf.fr/tlf.htm et ne suis jamais déçu. Philippe P. avril 2010

Livres et medias

Critiques littéraires ou sites de lecteurs, à qui se fier ?
pb Biblioclub ne prétend pas faire de la critique littéraire. Mais simplement de faciliter un échange entre lecteurs. Le développement d’internet dans notre vie quotidienne a permis la multiplication de ces cercles, forums et autres lieux de discussion sur tous les sujets, techniques, politiques, philosophiques, culturels… la liste est infinie ! Parfois méprisés par les spécialistes qui y voient une dérive dangereuse vers les discussions de comptoir, ils ont pourtant le mérite de créer des passerelles directes entre intéressés, d’entretenir un véritable contre-pouvoir, celui des utilisateurs… n’est-ce pas éthymologiquement la définition de la démocratie ?
Le monde des livres est l’un des plus exemplaires à cet égard. La floraison des blogs littéraires et des forums a le mérite de remettre en vitrine ce qu’aiment vraiment les lecteurs. Loin des dictats du monde professionnel de l’édition et du cercle de critiques et spécialistes qui les entourent, les informations qui circulent de lecteur à lecteur reflètent un vrai ressenti du cœur…
L’éditrice Sabine Wespieser que nous avons rencontrée (voir l’article ci-contre) mettait en évidence cette réaction du cœur, spontanée, « ce récit qui vous prend aux tripes… », qu’elle privilégie par rapport à l’analyse intellectuelle. Tout comme cette libraire, qui préfère vendre ce qui l’a touchée au détriment des recommandations de la chaîne éditeurs-médias.
Faut-il rejeter la vraie critique littéraire ? Certes non. Elle procède d’une technique très différente par l’analyse de l’œuvre qui peut se révéler utile en éclairant les intentions et les démarches de l’auteur. Mais le plaisir de lire, c’est celui de chacun d’entre nous. Et il se partage sur ces forums sans prétention, mais grâce auxquels on débat la plupart du temps en toute sincérité, et on découvre ou redécouvre avec jubilation des auteurs ignorés du palmarès des meilleures ventes. Jean-Claude T. mars 2010

 

 

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