|
|
![]() |
|
| Accueil - Coups de coeur - Forum - Archives - Livre numérique - Web-annuaire - Nous contacter - Accès EDITIA | ||
|
SOMMAIRE
|
Coups de cœur un thème ou un évènement littéraire.
Stefan Zweig
est un romancier et nouvelliste qui fait incontestablement partie des
grands de l’histoire de la littérature. Mais il est aussi un biographe
de talent,et sa dernière œuvre, écrite en 1941, est un court essai sur
Montaigne, personnage
qui semble le
fasciner. Comme lui, Montaigne est un surdoué, quelque peu dilettante,
et surtout un être épris de liberté absolue. Tout dans ce petit livre
ramène le lecteur à une libération de toutes les emprises,qu’elles
soient sociales, politiques , humaines ou profondément
intérieures. On ne peut s’empêcher de faire le parallèle entre ces deux
personnalités, êtres libres avant tout, et surtout de penser à la force
qu’a pu puiser Zweig dans la pensée intime de Montaigne, pour l’amener
à choisir, quelques mois après avoir écrit cet ultime ouvrage, la plus
terrible et la plus profonde des libertés, celle de choisir de ne plus
vivre. Un livre
court, dont la lecture est facilitée par le style clair et
précis de Zweig, et qui en moins de 120 pages nous plonge dans
l’intimité de Montaigne pour nous en apprendre l’essentiel. Jean-Claude T
RENCONTRE
AVEC BRUNO TESSARECHDans le cadre des cafés littéraires organisés par la Biliothèque d’Antony, nous avons récemment rencontré Bruno Tessarech, historien et philosophe, auteur du roman Les sentinelles, publié chez Grasset. Un moment d’échange d’une qualité rare…
Obsédé
par cette incroyable chape de silence entretenue
par les dirigeants du monde entier, Bruno Tessarech se lance dans une
recherche
approfondie sur le sujet. L’auteur
des Sentinelles
est extrêmement ému lorsqu’il évoque son roman. Une véritable blessure
associée
à des faits inimaginables : lui-même essaye de comprendre
comment le monde
entier a ignoré l’extermination des juifs. Bruno
Tessarech a souhaité publier ses recherches sous la
forme d’un roman historique, afin d’en faciliter la lecture.
« Je suis un
passeur », explique-t-il humblement. Mais il est avant tout un
humaniste,
révolté par l’oubli, le refus de savoir et la banalisation du mal.
Lire ou
relire Romain GaryPubliée il y a quelques mois, l’anthologie Romain Gary-Emile Ajar, Légendes du je, est un évènement marquant dans cette actualité littéraire : parue chez Gallimard, avec entre autres des romans et récits tels que Éducation européenne , La Promesse de l'aube , Chien blanc, Les Trésors de la mer Rouge, Les Enchanteurs, La Vie devant soi, cet ouvrage incontournable, à lire ou relire, fait partie à n’en pas douter du patrimoine littéraire qui traversera le temps. Alexis R.
L'ART DE
PHILIPPE CLAUDEL
A LIRE OU RELIRE ABSOLUMENT :
FERNANDO PESSOAIl est de ces auteurs atypiques devenus incontournables, dont l'œuvre est impressionnante autant par le volume que par la profondeur. On aime ou on n'aime pas Fernando PESSOA, ce portugais masqué, caché derrière plus d’une cinquantaine d'identités (des hétéronymes, disait-il), chantre de l'inexistence, mais il faut lui reconnaître un talent exceptionnel de chirurgien de l'âme humaine. On se perd avec vertige dans ses promenades au plus profond de l'individu. On se prend à s'exclamer "c'est génial" à toutes les lignes, et pourtant, quel pessimisme ! PESSOA (mort en 1935) a passé sa vie d’employé de bureau à traîner son « inexistence » dans un espace restreint, ne quittant jamais son quartier de Lisbonne ; introverti, anxieux, il se révèle un poète et auteur de génie mais qui n’arrivera à publier qu’un seul livre. Il entassera tous ses écrits dans une malle d’où l’on ressortira plus de 27 000 manuscrits, signés d’une multitude d’auteurs derrière lesquels il se cachait. Les échecs de sa vie sociale se subliment en apologies du seul repli sur son monde intérieur, et le conduisent à une exploration de l’âme, laissant de côté tout ce qui encombre de la vie et qui n’a finalement aucune importance, c'est-à-dire tout le reste. Il est aujourd’hui considéré comme l’un des plus grands auteurs portugais. « Le livre de l’intranquillité » a été republié en édition intégrale : un chef-d’œuvre sur lequel il a travaillé plus de 20 ans, qui rassemble une grande quantité de textes, certains très courts, d’autres plus longs, sur tout et rien (surtout sur tout…), et qui constitue une sorte de carnet de bord de sa vie où l’on peut aller puiser quantité de réflexions aussi bien sur la pluie que sur les problèmes métaphysiques les plus angoissants. Curieusement, malgré la noirceur qui tient lieu de toile de fond à un désespoir chronique, on est enthousiasmé par sa qualité d’écriture et la profondeur de ses réflexions. Le chef-d’œuvre d’un iconoclaste promenant le lecteur dans une forêt de paradoxes : le plus sûr moyen de prendre un recul total sur toutes les idées reçues. A conserver sur sa table de chevet… ... Je suis aujourd’hui un ascète dans la religion de moi-même. Une tasse de café, une cigarette et mes rêves peuvent parfaitement remplacer le ciel, les étoiles, le travail, l’amour et même la beauté ou la gloire. Je n’ai pour ainsi dire aucun besoin de stimulants. Mon opium, je le trouve dans mon âme... ... Nous attribuons généralement à nos idées sur l’inconnu la couleur de nos conceptions sur le connu : si nous appelons la mort un sommeil, c’est qu’elle ressemble du dehors à un sommeil ; si nous appelons la mort une vie nouvelle, c’est qu’elle paraît être une chose différente de la vie. C’est grâce à ces petits malentendus avec le réel que nous construisons nos croyances, nos espoirs – et nous vivons de croûtes de pain baptisées gâteaux, comme font les enfants pauvres qui jouent à être heureux . L'OULIPO Vous connaissez l'Oulipo ? Moi j'adore... Vous prenez une bonne dose de logique, un peu de mathématiques, beaucoup d'humour, vous versez les mots et vous mélangez. C'est divin ! Voila ce que ça donne... " Je viens de recevoir ta dernière lettre et j'y réponds immédiatement. Tu me demandes si j'ai bien reçu ta dernière lettre et si j'ai l'intention d'y répondre. Je me permets de te faire remarquer que l'envoi de ta dernière lettre fait que la lettre que tu m'as envoyée précedemment n'est plus désormais ta dernière lettre et que si je réponds comme je suis en train de la faire à ta dernière lettre, je ne réponds pas à celle qui est maintenant ton avant-dernière lettre. Je ne peux donc satisfaire à la demande que tu me fais dans ta dernière lettre" (extrait de Pièces détachées, produit début 2008 au théâtre du Rond-Point). Si l'Oulipo vous tente, si vous aimez l'esprit de Raymond Queneau ou de Georges Perec, il y a un site officiel : www.oulipo.net. Jean-Claude T. |