Du domaine des murmures
Carole Martinez – Gallimard
On prend plaisir à lire le livre de Carole Martinez dès la première page: il est en effet joliment écrit, ce qui n'est plus très courant. (Il faut lire cette première page à haute voix).
Certes, ce n'est pas Chateaubriand ou Proust, ni même, tout près de nous, Thierry Laget (La Lanterne d’Aristote), mais cela fait penser à Sylvie Germain, une autre grande plume d’aujourd'hui.L’action se déroule ici au Moyen Age : l’héroïne en est une jeune femme qui est enfermée dans une cellule, pour avoir refusé l’époux qu’on lui avait choisi, et qui lutte entre la foi qui l’élève et les murs qui l’enserrent. L’histoire s'alimente à un imaginaire « à la fois mystique et charnel » (comme il est dit page 4 de couverture), une autre parenté de Carole Martinez avec Sylvie Germain qui, là, dépasse le registre de l'écriture, avec ses côtés fantasmagoriques et souvent violents et cruels (qu'on trouve aussi largement dans la littérature sud-américaine contemporaine type Gabriel Garcia Marquez, Isabelle Allende ou Jorge Amado). On peut regretter la dureté de certains éléments de l’intrigue : mais le goût du jour semble être à la littérature plus ou moins trash et on se demande si inceste et suicide ne sont pas devenus les ingrédients sine qua non de tout prix littéraire (voir, par exemple, dans les récentes livraisons célébrées par la critique et les juries : Michel Schneider, Comme Une Ombre, Delphine de Vigan, Rien ne s’oppose à la nuit, ou – pire ? – Morgan Sportès, Tout tout de suite) ? Seconde œuvre de Carole Martinez, Le Domaine des Murmures consacre une vraie romancière. Charles D.
Merveilleux conte dans une langue superbe entre antan et modernité; Envoûtant et sensuel, la lecture de ce livre (à voix haute) est un enchantement. Quel tour de force de donner autant de puissance à un récit conté par une recluse depuis sa petite cellule-tombeau; On ne s'ennuie jamais ; bien au contraire, on lâche à regert cette histoire magique. Michèle K.